J'étais partie me faire un thé, puis, je m’aperçois que je n'ai rien fait. Je m'aperçois que mes idées tournent un peu au ralenti depuis ce matin. Je ne voulais pas réagir aux événements qui ont eu lieu dans la nuit de vendredi 13 à samedi 14 novembre parce que je ne suis pas d'accord avec les discours qui en sortent, et parce que vivre un événement à travers les réseaux sociaux ainsi que la télévision et son entourage est pesant. J'ai suivi le déroulement des attentats à travers ces différents médias et discours et je dois dire que c'est fatiguant. Parler de compassion, se trouver l'âme d'un géopoliticien, devenir humaniste et voir une nation unie est quelque chose qui semble si simple en situation d'urgence. Alors, je comprends et le conçois comme nécessaire et pourtant je suis dubitative sur le fond et la portée de tout cela... On peut faire l'analogie avec un soufflé dans un four qui une fois sorti devient plat, comme ça été le cas en janvier 2015. Passé l'émotion de la situation, les discours se radicalisent et les habitudes reprennent le dessus. Serions nous près à accueillir des réfugiés dont la situation est bien plus dramatique que la notre, car quotidienne? J'en doute. Pourtant hier soir, beaucoup était près à offrir une hospitalité à ceux qui se trouvaient sur les lieux des attentats... Voilà ce qu'est l'urgence, un instinct de survie. Éphémère. Aussi, quand bien même je suis profondément indignée, choquée, triste s'il le faut... Je suis touchée en tant que citoyenne et non pas en tant que personne. Sur les réseaux sociaux, je ne mettrai pas un avatar bardé du drapeau de la France, et je n'afficherai pas de photo de Paris, je n'en parlerai pas plus qu'il ne faut. Parler, nous le faisons tellement et souvent si mal. Faire le lit de la terreur passe par le matraquage médiatique, les réseaux sociaux and coe. Par contre, conscientiser les choses, comprendre sur le fond et "agir en conséquence" est finalement ce que j'ai trouvé de mieux à mon niveau.
Il n'y a pas grand chose à dire. Avoir son poste radio en marche toute la journée pour suivre ce que disent les journalistes et conclure par "je ne sors plus de chez moi...Quel besoin de se maintenir dans un climat de panique? Aucun si ce n'est pour éprouver volontairement haine, peur et finir par se radicaliser. Je n'ai pas peur. Enfin...Si. J'ai peur des conséquences politiques, des prochains discours, de cette radicalisation qui devient difficile à ignorer.
Bref...
TLY, 14 novembre 2015

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